Collection: Savons d'Alep

1 produit

Savons d'Alep et savons façon Alep : 3500 ans de tradition dans un cube vert émeraude

Il y a peu d'objets de la salle de bain qui peuvent prétendre à une histoire de trois millénaires et demi. Le savon d'Alep en fait partie. Son odeur reconnaissable mélange d'olive verte et de baies de laurier écrasées, sa forme cubique grossière, sa couleur brun beige tirant sur le vert émeraude quand on le coupe : tout dans ce savon raconte un territoire, un climat, et une recette qu'on n'a presque pas modifiée depuis qu'on a appris à mélanger des huiles à de la soude.

Aujourd'hui, on le trouve un peu partout. En pharmacie, en magasin bio, dans certaines grandes surfaces, et bien sûr en ligne. À côté du savon Alep authentique importé de Syrie, sont apparues des versions inspirées, parfois fabriquées en France ou ailleurs autour de la Méditerranée, qu'on appelle "savons façon Alep". Voici de quoi vous y retrouver, comprendre ce que vous achetez, et choisir le bon pourcentage de laurier selon votre peau et vos usages.

Aux origines : la plus vieille recette de savon connue

La ville d'Alep, dans le nord de la Syrie, est reconnue par les historiens comme l'un des berceaux de la savonnerie. Les premières traces de fabrication remontent à plus de 3000 ans. La technique a ensuite essaimé autour du bassin méditerranéen, jusqu'à inspirer, bien plus tard, la recette du savon de Marseille. C'est d'ailleurs souvent ainsi qu'on présente le savon d'Alep dans les livres d'histoire de la cosmétique : l'ancêtre commun de toutes les savonneries végétales européennes.

Le savoir-faire s'est transmis de génération en génération dans les ateliers d'Alep et de quelques villes voisines. Une recette savon Alep qui n'a presque pas évolué : huile d'olive, huile de baies de laurier, eau, soude végétale obtenue à partir de la combustion de certaines plantes comme la salicorne ou la fougère. C'est tout. La simplicité de la formule contraste avec la complexité du procédé, qui repose sur le savoir des maîtres savonniers et sur un temps de séchage très long.

En décembre 2024, l'UNESCO a inscrit le savoir-faire de la fabrication du savon d'Alep (ou savon Ghar) au patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Une reconnaissance institutionnelle qui vient saluer la résistance d'un métier mis à mal par les années de guerre en Syrie, et l'effort des artisans pour préserver les gestes.

Une composition réduite à l'essentiel

La composition savon Alep tient sur les doigts d'une main. Quatre ingrédients de base, parfois cinq si l'on compte le sel résiduel des eaux de lavage.

L'huile d'olive constitue la matière première principale. Elle apporte le côté nourrissant et doux, hydrate la peau et lui donne sa souplesse. Plus la qualité de l'olive est élevée (huile vierge, première pression, parfois bio), plus le savon final sera agréable à l'usage.

L'huile de baies de laurier, beaucoup plus rare et coûteuse, est ajoutée en fin de saponification. C'est elle qui donne au savon son parfum reconnaissable et la majeure partie de ses propriétés purifiantes. La quantité utilisée dans la recette détermine le grade du savon, et son prix.

L'eau sert au mélange et à la cuisson. La soude végétale, indispensable pour amorcer la saponification, est traditionnellement issue de plantes brûlées. Une fois la réaction terminée, il ne reste plus de soude libre dans le savon : tout a réagi avec les corps gras.

Enfin, on trouve souvent un peu de glycérine produite naturellement lors de la saponification, ainsi qu'une trace de sel provenant des eaux de rinçage utilisées à plusieurs reprises au cours du process. Aucun colorant, aucun parfum de synthèse, aucun conservateur. Un savon d'Alep authentique reste 100% biodégradable.

L'huile de baies de laurier, l'ingrédient signature

Le savon Alep laurier tire toute son identité de cette huile précieuse. À ne pas confondre avec l'huile essentielle de laurier, obtenue par distillation des feuilles. Ici, on parle d'une huile végétale extraite à partir des baies (les fruits) du laurier noble, par pression ou décoction.

Cette huile présente une couleur vert foncé et une odeur dense, presque épicée. Sur la peau, elle est connue pour ses propriétés apaisantes, légèrement astringentes et purifiantes. Dans la pâte à savon, elle apporte aussi une part de gras non saponifié, ce qui donne au pain ce caractère légèrement surgras et explique pourquoi le savon d'Alep ne dessèche pas malgré son côté nettoyant.

La récolte des baies se fait à la main, en hiver, sur des lauriers sauvages. L'huile est ensuite extraite dans des moulins traditionnels. Cette filière, longue et peu mécanisée, explique en grande partie le coût d'un savon riche en laurier.

Comprendre les pourcentages : du 5% au 80% de laurier

C'est sans doute la première question qu'on se pose en rayon : faut-il choisir un savon avec peu ou beaucoup de laurier ? Voici les repères courants utilisés par les savonneries.

Entre 5 et 15% de laurier, on a un savon doux, économique, adapté à un usage quotidien pour toute la famille. C'est le format que l'on conseille pour les peaux normales à sèches, et pour les premiers tests sur les peaux sensibles. C'est aussi le savon de base pour le corps, les mains, et même pour les enfants.

Entre 20 et 30% (on parle souvent de savon Alep 20, savon Alep 25 ou savon Alep 30 selon les marques), on entre dans une recette plus active. Le pain convient mieux aux peaux mixtes à grasses, aux peaux jeunes sujettes aux imperfections, et aux personnes qui apprécient une odeur de laurier plus marquée.

À 40% de laurier (le fameux savon Alep 40), on est sur un soin plus ciblé. Il s'utilise rarement tous les jours, plutôt en cure ou en alternance, sur des zones précises du visage ou du corps qui demandent un nettoyage plus profond. Au-delà, à 55% ou 60%, et jusqu'aux versions très concentrées comme le savon Alep 55 ou le savon Alep 80 laurier, on parle de produits de niche, réservés aux usages ponctuels et aux peaux qui tolèrent une forte concentration en huile de baies.

Un savon à 80% de laurier coûte naturellement plus cher, dégage une odeur très puissante, et demande à être utilisé avec parcimonie. Beaucoup d'utilisateurs alternent un savon à faible pourcentage en quotidien et un savon à fort pourcentage une ou deux fois par semaine.

Savon d'Alep authentique ou savon façon Alep ?

Il existe une protection juridique en Syrie qui réserve l'appellation "savon d'Alep" aux savons fabriqués dans l'agglomération d'Alep selon la recette traditionnelle. Un décret syrien de 2011 a même créé un logo officiel destiné à identifier les pains authentiques. Les savons produits ailleurs en Syrie selon la même méthode prennent le nom de "savon Ghar" (savon au laurier), et ceux fabriqués hors de Syrie sont aujourd'hui souvent désignés par l'expression "savon façon Alep".

Cette distinction n'est pas qu'un détail d'étiquetage. Un savon façon Alep n'a pas nécessairement été cuit dans un chaudron syrien selon les gestes d'un maître savonnier. Il peut s'agir d'une excellente reproduction artisanale fabriquée en Provence, au Maroc ou en Tunisie, avec de l'huile d'olive locale et de l'huile de baies de laurier importée. Beaucoup de ces savons sont d'une qualité tout à fait honorable, parfois même supérieure à certaines productions industrielles qui se présentent comme "alep" sans en avoir la recette.

Trois cas de figure à connaître. Le savon d'Alep authentique, fabriqué en Syrie selon la méthode ancestrale. Le savon façon Alep, fabriqué hors de Syrie avec la même recette de base. Le savon "type Alep" industriel, qui peut contenir d'autres huiles (palme, coprah) et qui s'éloigne de la recette d'origine.

Pour choisir, le bon réflexe est de lire l'étiquette : origine géographique, liste d'ingrédients courte, pourcentage de laurier indiqué, et présence éventuelle du sceau du savonnier.

Comment reconnaître un vrai savon d'Alep

Quelques signes ne trompent pas. La couleur d'abord. Un savon d'Alep traditionnel arbore un extérieur brun beige, parfois doré, et un intérieur vert émeraude qui apparaît à la découpe. Cette différence vient de l'oxydation de la surface pendant la longue période de séchage. Si vous coupez un pain et que le cœur est jaune pâle ou blanc, ce n'est pas un Alep classique.

La forme ensuite. Le pain est généralement cubique, ou en parallélépipède, avec une surface rugueuse et un sceau gravé sur l'une des faces. Ce sceau porte le nom du savonnier, le plus souvent en arabe, parfois accompagné de mentions en lettres latines.

L'odeur, enfin. Un savon d'Alep authentique sent l'olive et le laurier. Une odeur naturelle, parfois un peu rustique, sans note florale ajoutée. Si vous percevez un parfum trop sucré, trop poudré, ou trop intense, méfiez-vous : on a sans doute ajouté un parfum.

Une légende veut que le vrai savon d'Alep flotte sur l'eau. C'est en fait inexact. La flottaison dépend de la densité finale du savon, qui varie selon les huiles utilisées, le taux d'humidité ambiante au moment du séchage, et plusieurs autres facteurs sur lesquels le savonnier n'a pas toujours la main. Un savon authentique peut flotter, un autre non, sans que cela remette en cause sa qualité.

La saponification au chaudron, étape par étape

La méthode de fabrication du savon d'Alep est une saponification à chaud, pratiquée dans d'immenses chaudrons enterrés ou posés sur des fours à bois. Elle se déroule en plusieurs phases qui prennent plusieurs jours, puis une longue période de séchage.

Tout commence par le mélange de l'huile d'olive, de l'eau et de la soude végétale dans le chaudron. La cuisson dure environ vingt-quatre heures, à température maîtrisée. Si l'on chauffe trop fort, on dégrade les propriétés de l'huile. Le mélange est remué régulièrement par des ouvriers munis de longues pelles en bois.

Le lendemain, on ajoute l'huile de baies de laurier filtrée. C'est l'ajout en fin de cuisson qui permet de préserver ses qualités. La pâte est ensuite lavée plusieurs fois à l'eau salée pour éliminer la soude résiduelle, puis étalée à l'aide de rouleaux sur un grand sol carrelé. On obtient ainsi une dalle uniforme de pâte à savon encore molle.

Une fois la pâte refroidie et raffermie, elle est découpée à la main, cube par cube, par des ouvriers qui marchent dessus avec des chaussons spéciaux. Chaque cube reçoit ensuite le sceau du savonnier, frappé à la main.

Les pains sont enfin empilés en colonnes ajourées, dans des caves aérées et à l'abri du soleil. Le séchage dure au minimum neuf mois, parfois plus d'un an pour les recettes les plus riches en laurier. C'est ce temps long qui permet aux savons d'évacuer leur excès d'eau, d'oxyder leur surface, et de développer la fameuse couleur brun beige.

Savon d'Alep bio : ce que l'agriculture biologique change

On parle de savon Alep bio lorsque les huiles utilisées (olive et laurier) sont issues de l'agriculture biologique. Le label vise principalement la matière première, puisque la soude végétale est, par définition, déjà naturelle.

L'intérêt d'un savon Alep bio est double. Côté santé de la peau, on évite les éventuels résidus de pesticides présents dans les huiles conventionnelles. Côté environnement, on encourage une oliveraie cultivée sans intrants chimiques. Pour un savon que l'on utilise tous les jours, sur le visage et le corps, le surcoût lié au bio reste assez modéré.

Côté certifications, on trouve essentiellement Cosmos Organic, Nature & Progrès, ou des équivalents locaux selon le pays de fabrication. Une mention "ingrédients issus de l'agriculture biologique" sans logo officiel doit interroger : le bio sérieux passe presque toujours par un organisme certificateur reconnu.

Savon d'Alep solide ou savon d'Alep liquide

Le format classique reste le cube solide. Il offre le meilleur rapport qualité-prix, ne nécessite aucun conditionnement plastique, et se conserve plusieurs années à condition d'être gardé au sec.

Il existe aussi des versions liquides. Le savon Alep liquide séduit pour sa praticité (on l'utilise au flacon-pompe, c'est plus rapide pour les mains ou la douche) mais il présente quelques limites. Sa fabrication ajoute une étape de dissolution, parfois de gélification, qui peut faire baisser la concentration en huiles actives. Certains savons liquides contiennent aussi un épaississant comme l'hydroxyéthylcellulose, parfaitement toléré mais qui dilue la formule d'origine. Le savon Alep liquide bio existe également, et reste un bon compromis pour qui veut allier praticité et engagement.

Sur le strict plan du naturel et de l'économie d'usage, le format solide garde l'avantage. Sur le plan du confort, le format liquide reste pertinent pour le lavage des mains ou pour les personnes qui n'aiment pas manipuler un pain humide.

Bienfaits sur le visage et le corps

Le savon Alep visage séduit beaucoup de personnes qui cherchent un nettoyant simple, naturel, sans tensioactifs ajoutés. Sur peau humide, on fait mousser le pain ou un peu de produit liquide, on masse doucement, on rince à l'eau tiède. La peau est nette sans tirer, à condition d'avoir choisi un pourcentage de laurier adapté.

Pour une peau normale à sèche, mieux vaut rester sur un pain à 5-15% de laurier. Pour une peau mixte ou marquée par des imperfections, un 20-30% peut donner de bons résultats. Au-delà, on entre dans des soins plus ciblés, à n'utiliser qu'une à deux fois par semaine.

Sur le corps, le savon d'Alep s'utilise sans contrainte. Il convient pour la douche quotidienne, le bain, le lavage des mains, et même pour la toilette intime grâce à son côté très doux. Pour les peaux sèches du tronc et des membres, le voile gras laissé par l'huile de baies de laurier procure une sensation de confort qui dispense parfois d'appliquer une crème hydratante par-dessus.

Et puisque la base est de l'huile d'olive, les amateurs de savons doux retrouvent dans le savon d'Alep une parenté avec les savons à l'olive classiques. Les deux familles partagent ce confort caractéristique, avec un parfum bien différent.

Le savon d'Alep et les peaux à problèmes

C'est un usage souvent évoqué dans les retours d'utilisateurs : savon Alep eczéma, savon Alep psoriasis, savon Alep acné. Disons-le d'emblée, un savon n'est jamais un traitement médical. Pour toute affection cutanée chronique, l'avis d'un dermatologue prime sur n'importe quelle recommandation cosmétique.

Cela dit, la douceur de la formule et l'absence d'additifs irritants expliquent pourquoi le savon d'Alep est apprécié par les peaux atopiques. Pour les routines spécifiques, regarder la sélection des savons pour peau atopique ou des savons pour eczéma permet de comparer plusieurs options et de croiser les approches.

Pour les peaux acnéiques, on conseille plutôt un savon avec un pourcentage de laurier plus élevé (20 à 30%, voire 40% en cure courte), pour profiter de l'effet purifiant de l'huile de baies. Là encore, les savons anti-acné peuvent compléter une routine ciblée.

Pour le psoriasis, les retours sont variables. Certaines personnes trouvent dans le savon d'Alep un nettoyant qui n'aggrave pas leurs plaques, ce qui est déjà beaucoup. D'autres préfèrent des soins encore plus doux, sans laurier. C'est un produit à tester sur soi, en observant la réaction de sa peau au bout de quelques semaines.

Le savon d'Alep comme shampoing

Le savon d'Alep peut aussi servir de shampoing solide. Le shampoing savon Alep est une pratique assez répandue, notamment chez les personnes qui cherchent une alternative aux shampoings industriels et à leurs sulfates. L'huile d'olive nourrit la fibre, l'huile de baies de laurier aide à assainir le cuir chevelu et peut aider à limiter les démangeaisons et les pellicules.

Comme pour la peau, mieux vaut bien adapter le pourcentage. Un savon Alep cheveux trop chargé en laurier peut être un peu rude sur les cheveux fins, ou laisser une sensation de cuir chevelu un peu sec après plusieurs lavages. Un savon entre 12 et 20% de laurier convient à la plupart des chevelures.

Une astuce souvent partagée : pour neutraliser le côté alcalin du savon et redonner de la brillance, on termine le rinçage avec un peu de vinaigre de cidre dilué dans de l'eau froide. La transition vers le savon solide en shampoing peut prendre deux à quatre semaines, le temps que le cuir chevelu retrouve son équilibre sébumal.

Le savon d'Alep pour bébé et toute la famille

Le savon Alep bébé est une option appréciée des parents qui cherchent un produit minimaliste pour la toilette des tout-petits. La formule très simple, sans parfum ajouté, sans colorant, sans conservateur, limite les risques d'allergie. On choisit alors un pain à faible pourcentage de laurier (5 à 10% maximum) pour ne pas perturber la peau délicate des bébés.

Pour aller plus loin, la sélection des savons bébé et enfant regroupe des produits formulés spécifiquement pour les peaux jeunes, qui peuvent compléter ou remplacer le savon d'Alep selon les préférences.

Pour le reste de la famille, c'est un savon vraiment polyvalent. Visage, corps, mains, cheveux, rasage, lavage en machine du linge délicat : peu de cosmétiques offrent cette amplitude d'usage. Beaucoup d'utilisateurs disent aimer la simplicité de n'avoir qu'un seul produit pour la plupart des besoins quotidiens.

Une base pour la lessive maison

La lessive savon Alep est une recette populaire dans les démarches zéro déchet. Le principe est simple : on râpe une petite quantité de savon en copeaux, on la fait fondre dans de l'eau chaude, on ajoute des cristaux de soude et du bicarbonate, on laisse refroidir, et on obtient une lessive liquide pour la machine.

Les proportions habituelles tournent autour de 30 à 50 grammes de copeaux pour un litre d'eau, complétés par 20 à 30 grammes de cristaux de soude et autant de bicarbonate. On peut parfumer avec quelques gouttes d'huile essentielle de lavande ou de citron, en gardant à l'esprit que les huiles essentielles ne tiennent pas bien dans le linge.

Avantages : un produit doux pour les peaux sensibles, peu d'emballage, un coût au lavage très faible. Limites : la lessive maison ne mousse pas, ce qui déroute au début, et il faut bien la secouer avant chaque utilisation pour homogénéiser le mélange.

pH, glycérine, sel : quelques explications techniques

Le pH savon Alep est naturellement alcalin, comme tous les savons issus d'une vraie saponification. Il se situe le plus souvent entre 8 et 10, ce qui est sensiblement plus élevé que le pH physiologique de la peau (autour de 5,5). Cette alcalinité est normale et transitoire : la peau retrouve son équilibre en quelques minutes après le rinçage, à condition d'avoir une fonction barrière saine.

Les personnes qui ont une peau très fragilisée préfèrent parfois éviter les savons alcalins et se tournent vers des syndets (pains sans savon) au pH neutre. C'est un choix tout à fait défendable, qui dépend de la sensibilité individuelle.

La glycérine naturellement produite pendant la saponification reste en partie dans le pain, ce qui contribue à son côté hydratant. Et le sel résiduel des eaux de lavage, quasiment imperceptible, n'a aucune incidence sur la tolérance cutanée.

Conservation et durée de vie

Le savon d'Alep se bonifie avec le temps. Plus il sèche, plus il durcit, et plus il mousse de façon économique à l'usage. Un pain qui a séché deux ans ne ressemble plus à un pain frais : il est plus léger, plus dur, et tient beaucoup plus longtemps dans la salle de bain.

Trois règles simples pour bien le conserver. Le ranger au sec, idéalement à l'air libre, dans un placard ou un linge propre. Eviter la lumière directe du soleil. Ne pas le laisser baigner dans une coupelle pleine d'eau, ce qui le ramollit et le fait fondre en quelques jours.

Pour la salle de bain, un porte-savon en bois, en céramique percée ou en luffa fait l'affaire. Un pain bien entretenu tient facilement six à huit semaines à raison d'une douche quotidienne, et beaucoup plus longtemps s'il est utilisé seulement pour le visage ou les mains.

Prix, distribution, où en trouver

Le prix du savon d'Alep varie surtout en fonction du pourcentage de laurier. Comptez en gros 4 à 7 euros pour un pain de 200 grammes à 5-10% de laurier, 7 à 12 euros pour un 20-30%, et au-delà de 15 euros pour les pains à 40% ou plus. Les versions bio coûtent environ 20% plus cher en moyenne.

Pour acheter un savon d'Alep, plusieurs canaux existent. Les magasins bio proposent souvent un choix correct, avec une rotation des stocks plutôt rapide. Le savon Alep en pharmacie est une option pour les personnes qui veulent un conseil officinal, en particulier pour les peaux à problèmes, mais la sélection y est généralement plus restreinte et plus chère. La vente en ligne reste la solution la plus simple pour comparer les pourcentages, les origines et les certifications.

Au moment de comparer les prix, regardez bien le pourcentage de laurier, l'origine géographique du savon, la présence ou non d'un label bio, et le grammage du pain. Un pain à 200 grammes ne se compare pas à un pain à 100 grammes, même si le prix unitaire semble proche.

Et puisqu'il existe d'autres familles de savons solides intéressantes à découvrir, parcourir la collection des savons saponifiés à froid ou la sélection plus large des savons visage donne une bonne idée des alternatives possibles. Pour ceux qui aiment les recettes les plus minimalistes, regarder du côté des savons sans parfum et de la famille des savons pour peau sensible permet aussi de croiser plusieurs approches autour du même besoin.

Reste une question qui revient souvent : faut-il un savon d'Alep différent pour chaque membre de la famille ? Pas forcément. Beaucoup de foyers se contentent d'un pain à 12-15% de laurier pour tout le monde, complété par un pain plus concentré pour les besoins ponctuels. À vous d'expérimenter, en gardant l'œil sur la réaction de votre peau et celle des vôtres au fil des semaines.